Mauritanie : des ONG américaines de défense des droits humains refoulées à l’aéroport de Nouakchott (trustmag.net)

Mauritanie : des ONG américaines de défense des droits humains refoulées à l’aéroport de Nouakchott
Les autorités mauritaniennes ont interdit l’entrée sur leur territoire à une délégation de six représentants de deux organisations américaines de défense des droits humains, l’Abolition Institute et Rainbow PUSH, à leur arrivée, mardi 12 mai, à l’aéroport international de Nouakchott.
Selon plusieurs sources, cette mission devait se rendre en Mauritanie pour présenter ses condoléances à la famille du défunt militant mauritanien Boubacar Ould Messaoud, figure historique de la lutte contre l’esclavage, décédé le 12 mars 2026 à Nouakchott à l’âge de 80 ans. La délégation prévoyait également de rencontrer plusieurs acteurs locaux engagés dans la défense des droits humains.
Fondateur en 1995 de l’ONG SOS Esclaves, Boubacar Ould Messaoud a consacré sa vie à la lutte contre les pratiques esclavagistes persistantes en Mauritanie et à la défense des victimes. Son organisation, longtemps privée de reconnaissance officielle, n’a obtenu son statut légal qu’en 2005. Malgré l’abolition officielle de l’esclavage en 1981 et le renforcement des sanctions en 2015, cette problématique demeure particulièrement sensible dans le pays.
Ce refoulement relance les interrogations sur les relations entre Nouakchott et certaines organisations internationales de défense des droits humains. En 2017 déjà, une délégation similaire avait été empêchée d’entrer en Mauritanie, avant d’être finalement autorisée en 2021.
Cette nouvelle décision intervient dans un contexte particulièrement tendu entre les autorités mauritaniennes et plusieurs mouvements nationaux de défense des droits humains, notamment l’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA), dirigée par le militant abolitionniste Biram Dah Abeid. Plusieurs membres de cette organisation ont récemment été arrêtés, parmi lesquels les députés Mariem Cheikh Dieng et Ghamou Achour Salem, condamnés à quatre ans de prison ferme.

