Un Allié de l’UE Joue Avec le Feu (communiqué)
مبادرة إنبعـــاث الحــــركة الانعتـــــــاقية
INITIATIVE DE RESURGENCE DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE EN MAURITANIE
IRA RÉCÉPISSÉ N° FA 010000102912202100001
Déclaration d’Alerte Conjointe des ONG Abolitionnistes
Européennes Affiliées à IRA-Mauritanie
Un Allié de l’UE Joue Avec le Feu
Mauritanie #Esclavage #Ségrégation #Dictature #Répression
#MenacesDeMort
Menaces de mort contre Biram : « Il est temps de mettre fin aux
agissements de Biram »
Le samedi 18 juillet 2026, aux premières heures de la matinée, Vadili
Raiss publie sur sa page Facebook un message lourd de conséquences
: « Il est temps de mettre fin aux activités de Biram. »
Cette déclaration visant Biram Dah Abeid, président d’IRA-
Mauritanie, député et principal opposant au régime militaire
mauritanien, intervient dans un contexte marqué par une
multiplication des actes de harcèlement, des agressions et des
menaces visant la personne du lauréat du Prix des Nations unies pour
les droits de l’homme (2013), son épouse, sa famille et ses partisans.
Le jour suivant, un dignitaire du régime en place, l’ex-président de la
Cour suprême de Mauritanie, Seyid Ould Elghaylani, publie un article
incendiaire dans lequel il appelle à l’élimination du pionnier de la
cause des droits humains en Mauritanie et futur candidat à l’élection
présidentielle de 2029. Biram Dah Abeid, acteur majeur sur la scène
internationale des droits humains, militant pacifiste et non-violent et
personnalité la plus primée des deux sous-régions ouest et nord-
africaines, dirige aussi la CAD2029, une coalition des formations
civiles et politiques mauritaniennes visant l’alternance en 2029.
Nous considérons que ces propos et écrits répétitifs, émanant de
personnalités prépondérantes du régime mauritanien, constituent une
menace grave qui appelle une réaction immédiate de la communauté
nationale et internationale.
Seyid Elghaylani est un ancien procureur général de la République,
ancien président de la Cour suprême et ancien ambassadeur ; Vadili
Raiss est magistrat et ancien directeur de la Synthèse au ministère
mauritanien de l’Intérieur durant les années de braise (1986-1992),
une période marquée par de graves violations des droits humains et
par des violences visant les populations noires de Mauritanie. À cette
époque, il était le bras droit du colonel Jibril Ould Abdallahi, alors
puissant ministre de l’Intérieur et figure centrale du dispositif
sécuritaire de cette période sanglante.
Cette période a été marquée par le drame du passif humanitaire, avec
des milliers de victimes : morts, déportations, expropriations,
violences sexuelles et autres atteintes graves aux droits fondamentaux.
Vadili Raiss occupait alors une position centrale dans les mécanismes
de renseignement, d’analyse et de décision ayant contribué à ces
événements, dont les conséquences demeurent encore présentes dans
la société mauritanienne.
Après sa retraite, cet ancien responsable des services de
renseignement s’est reconverti comme avocat et conseiller spécial
auprès des généraux Mohamed Ould Abdel Aziz et Mohamed Ould
Ghazouani, arrivés au pouvoir après le coup d’État de 2005 contre
leur mentor, Maawiya Ould Sid’Ahmed Taya.
Aujourd’hui, Raiss et son cousin, général et chef d’état-major des
armées, sont très proches du chef de l’État, Mohamed Ould
Ghazouani.
Dans ce contexte, nous constatons que Biram Dah Abeid, principal
opposant politique au régime actuel, fait l’objet d’un ciblage continu.
Après les menaces de mort, les agressions et les tentatives d’agression
visant sa personne, son épouse et ses partisans, nous dénonçons
l’apparition de nouvelles menaces provenant de personnalités dont le
parcours reste associé aux pages les plus douloureuses de l’histoire
récente de la Mauritanie.
Nous, ONG européennes, régies par les lois de nos pays respectifs :
France : IRA-France-Mauritanie ; Belgique : IRA-Mauritanie en
Belgique ; Italie : IRA-Italie ; Allemagne : IRA-Allemagne,
alertons solennellement la communauté internationale, à commencer
par les gouvernements de nos pays respectifs, sur les menaces graves
et sérieuses qui pèsent sur la vie, la sécurité et la liberté du président
et député Biram Dah Abeid, ainsi que sur son épouse, sa famille et ses
partisans.
Plusieurs membres d’IRA sont actuellement détenus dans les prisons
inhumaines mauritaniennes. Parmi ces détenus, on compte trois
femmes, deux lanceuses d’alerte et une journaliste-blogueuse. Nous
dénonçons également l’emprisonnement des députées abolitionnistes,
deux braves femmes, Mariem Cheikh Samba Dieng et Ghamou Salem
Achour, qui subissent des persécutions, des violences et des entraves
dans l’exercice de leur mandat parlementaire issu du suffrage
populaire.
Notons que tous ces neuf détenus et persécutés sont issus des rangs de
la communauté haratine autochtone, paupérisée et marginalisée sous
le poids de l’esclavage et de la discrimination raciale.
Face à cette situation, nous lançons un appel urgent aux institutions
gouvernementales et parlementaires de l’Union européenne ainsi
qu’aux États membres afin qu’ils interpellent les autorités
mauritaniennes, et notamment le chef de l’État de la République
islamique de Mauritanie, Mohamed Ould Ghazouani, pour exiger :
• La protection immédiate de Biram Dah Abeid, de son épouse, de
sa famille et de ses partisans face aux menaces qui pèsent sur
leur sécurité ;
• La cessation de toute entrave aux enquêtes et investigations
judiciaires relatives aux menaces de mort, aux tentatives
d’assassinat et aux agressions visant Biram Dah Abeid, son
épouse et ses partisans ;
• La libération des détenus issus des rangs des partisans de Biram
Dah Abeid, notamment les lanceurs d’alerte, journalistes,
blogueurs et militants antiesclavagistes ;
• La fin des persécutions contre les députées abolitionnistes
Mariem Cheikh Samba Dieng et Ghamou Salem Achour, ainsi
que le respect de leur droit à exercer pleinement leur mandat ;
• L’application effective des décisions rendues par les plus hautes
autorités judiciaires du pays reconnaissant les droits
parlementaires des deux députées, en l’occurrence le Conseil
constitutionnel ;
• Le respect des principes démocratiques et la levée de
l’interdiction frappant le Parti de la Réforme et de l’Action
Globale (RAG), formation politique d’opposition soutenant
Biram Dah Abeid ;
• L’ouverture d’enquêtes et de procédures judiciaires concernant
les propos de Vadili Raiss et de Seyid Elghaylani, à la suite de
leurs déclarations publiques visant Biram Dah Abeid ; l’officier
de police Ibrahima Camara, accusé d’avoir agressé et gravement
blessé Biram Dah Abeid et son épouse Leila ; ainsi qu’Elmami
Megueya, blogueur cité pour des propos publics menaçants
tenus en décembre 2025.
La communauté internationale ne peut rester silencieuse face à des
menaces visant un acteur politique majeur de la Mauritanie, un
défenseur historique de la lutte contre l’esclavage et les
discriminations, ainsi que les militants pacifiques et les citoyens
engagés à ses côtés.
La protection de la vie humaine, la liberté d’expression, le pluralisme
politique et le respect des droits fondamentaux ne peuvent être
négociés.
IRA France
IRA Belgique
IRA Italie
IRA Allemagne
IRA Hollande
Paris, Bruxelles, Rome, Berlin, Amsterdam
Le 21 juillet 2026
