Mauritanie : Il accuse, condamne, et gracie, la nouvelle forme de répression de l’état
Mauritanie : Il accuse, condamne, et gracie, la nouvelle forme de répression de l’état
On les condamne pour avoir parlé. Puis on les gracie pour paraître généreux.
En Mauritanie, des membres de l’IRA, le mouvement abolitionniste, en font l’expérience.
Warda Ahmed Souleymane est arrêtée en octobre 2025 après une publication Facebook appelant à manifester. Condamnée à 5 ans de prison dont 3 fermes, peine confirmée en appel. Graciée le 28 septembre 2026.
Les députées Mariem Cheikh Dieng et Gamou Achour Salem avaient accusé le président de discrimination raciale envers les Noirs et les descendants d’esclaves.
Condamnées à 4 ans, puis 2 ans fermes en appel, avec privation de leurs droits civiques pendant 5 ans, confiscation de leurs téléphones et fermeture de leurs comptes. Graciées le 9 juillet 2026, au moment où leurs avocats s’apprêtaient à saisir la Cour suprême.
La grâce efface la peine. Pas la condamnation. Et pour les deux députées, elle n’a pas levé la perte des droits civiques.
Résultat. Plus de cellule, mais plus les moyens d’agir. Le pouvoir affiche sa clémence pendant que la sanction politique continue de produire son effet.
Tout se passe comme si l’état avait compris qu’une prison donne de la voix et de la visibilité à un militant. Mieux vaut le priver de ses moyens d’agir et se montrer généreux.
Appelez cela comme vous voulez, harcèlement judiciaire. Lawfare. Légalisme autocratique, des lois aux contours très larges appliquées de façon sélective. Mort civile. On pourrait y ajouter un nom. La grâce piégée.
Si ces propos étaient un délit, pourquoi gracier? S’ils n’en étaient pas un, pourquoi condamner et priver de droits?
Une liberté qui dépend de la clémence du pouvoir n’est plus un droit.
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