Menaces de mort contre le député abolitionniste Biram Ould Dah Ould Abeid : Récents soubresauts d’une conspiration
مبادرة إنبعـــاث الحــــركة الانعتـــــــاقية
INITIATIVE DE RESURGENCE DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE EN MAURITANIE
IRA RÉCÉPISSÉ N° FA 010000102912202100001
Menaces de mort contre le député abolitionniste Biram Ould Dah Ould Abeid : Récents soubresauts d’une conspiration
Durant la nuit du 24 au 25 janvier 2026, lors de sa déclaration de politique générale face au Parlement, le Premier ministre mauritanien Mokhtar Ould Diay a exprimé une position singulière, en réponse à une interpellation, énoncée par la victime :
« Je vais vous poser une question qui revenait au président de l’Assemblée nationale, chef du pouvoir législatif, de vous poser en votre qualité de représentant de l’Exécutif. Or, en raison du mode de gouvernance dans ce pays, le leader du Parlement hésite à vous interroger. Il m’incombe donc de le remplacer, sans son autorisation préalable : Pourquoi votre ministre de la Justice, Mohamed Ould Soueïdat, m’a-t-il approché pour me demander de confirmer que les avocats qui me représentent dans cette affaire ont bien déposé la plainte requise auprès du Parquet ? Je lui ai répondu par l’affirmative et envoyé des copies des documents prouvant que la requête a bien été introduite selon les usages. Cependant, la décision, par le ministre de la Justice, de suspendre la procédure d’enquête confiée à la gendarmerie, au niveau de la brigade de la cybercriminalité – pourtant très active contre les écrivains et blogueurs de l’opposition – m’a surpris »
La réaction du Premier ministre n’a malheureusement pas dérogé à l’habitude de la confusion, du déni de la violation, du réflex de l’évitement et de l’ignorance ou plutôt de la méconnaissance du droit.
Ould Diay a tenté de reprocher, au chef de file de l’opposition antisystème, Biram Ould Dah Ould Abeid, d’avoir laissé l’affaire parvenir aux média. Selon lui, la faute présumée constituait la principale raison du non-traitement du dossier, par les autorités, y compris la magistrature. Dans le même temps, il expliqua son insistance, à trois reprises, devant le ministre de la Justice, sur la nécessité de régler le contentieux. A en croire Ould Diay, le susdit continue à arguer que la requête ne lui est jamais parvenue.
Ould Diay se fendra d’une une formule à l’emporte-pièce, que ses mouches électroniques se sont empressées de relayer : « Tu ne doit être tué par qui que ce soit ». La phrase, en dépit de son abord héroïque, sacrifie tellement au langage convenu qu’elle perd son peu d’intérêt.
Aujourd’hui, les séquences précitées et le contexte du litige appellent quelques observations, à l’intention des citoyens et des partenaires stratégiques de la Mauritanie :
1. Dès la publication des appels et menaces de mort au travers de deux comptes Meta, le député Biram Ould Dah Ould Abeid, transmet l’alerte, avec la totalité des preuves écrites, au Parquet général, en la personne du ministre de la Justice, sans omettre le chef du gouvernement et le président de l’Assemblée nationale. Aucun ne réagira.
2. A l’appui de la réclamation, Biram Ould Dah Ould Abeid mandate deux conseils, en l’occurrence Maîtres Cheikh Ould Hendi et Ahmed Ould A’ly. L’un et l’autre ont remis une dénonciation au procureur de la République, en vertu de sa compétence territoriale.
3. Plusieurs semaines après, le ministre de la Justice se met en relation avec la victime afin de se faire confirmer le dépôt de la demande de réparation. Malgré la confirmation expresse du requérant, l’interlocuteur reviendra apprendre à Biram que le Parquet nie, totalement, la réalité de l’acte allégué. Alors, le député lui communiqua les accusés de réception, par les services du tribunal de Nouakchott Sud. Au terme de la vérification, le ministre reconnut l’effectivité et la régularité de la procédure.
4. Le procureur de la République près le tribunal de Nouakchott Sud confie la plainte à la gendarmerie en charge de la police de cybercriminalité. Sa correspondance relève que la police devait mener l’enquête mais la lenteur de la transmission l’empêchait de procéder à l’arrestation des suspects. Les deux avocats, s’étant étonnés de la mise en garde insolite apostrophent le Parquet. Ce dernier entreprit, à son initiative, de supprimer la mention inappropriée.
5. Depuis, les avocats relancent la gendarmerie, laquelle invoque des prétextes, tergiverse et louvoie san finesse, jusqu’aujourd’hui.
6. Les deux auteurs des appels explicite à l’élimination physique d’un élu du peuple jouissent, toujours, de leur liberté de mouvement, en l’absence d’une quelconque inculpation et ce malgré la gravité des griefs à eux imputables.
A l’occasion, l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste condamne la tolérance de l’Etat envers les promoteurs de la haine, dès lors que le zèle chauvin vise les opposants crédibles et incorruptibles, les concitoyens noirs, d’ascendance subsaharienne. La sédimentation de l’impunité racialiste ne fait qu’encourager et exacerber le besoin de résistance quotidienne au mépris. Le seuil du supportable ayant été dépassé depuis fort longtemps en République islamique de Mauritanie, la lutte non-violente se rappelle au souvenir des opprimés, de leur descendance discriminée mais aussi des justes.
Nouakchott, le 27 janvier 2026


