Enlèvement de l’honorable députée Mariem mint Cheikh
مبادرة إنبعـــاث الحــــركة الانعتـــــــاقية
INITIATIVE DE RESURGENCE DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE EN MAURITANIE
IRA RÉCÉPISSÉ N° FA 010000102912202100001
Communiqué
Enlèvement de l’honorable députée Mariem mint Cheikh
IRA Mauritanie condamne avec la plus grande fermeté et une profonde indignation l’enlèvement de l’honorable députée abolitionniste Mariem mint Cheikh, figure engagée de la lutte pour les droits humains et la dignité des populations autochtones, d’ascendance africaine, historiquement esclavagisées. La députée a été cueillie de son domicile dans la banlieue sud de Nouakchott, à 22h35mn, tout en dehors de l’heure légale dans la nuit du 9 au 10 avril 2026. Son bébé de trois mois a été emmené avec elle dans son nouveau cachot de détention. Cet acte grave a été commis par des éléments lourdement armés et encagoulés, agissant au nom de la police politique du général-Dictateur Mohamed Ghazouani. L’enlèvement de Mariem et son enfant, intervient dans un climat marqué par l’essor des relations diplomatiques et économiques entre l’Union Européenne et le régime de la dictature raciste et esclavagiste de Ghazouani. Cet essor est concomitant à la forte recrudescence des violences policières et atteintes en règle aux libertés publiques visant les voix abolitionnistes et les défenseurs des droits humains.
Cet enlèvement intervient immédiatement après un live Facebook au cours duquel la députée avait dénoncé avec courage et responsabilité les discriminations systémiques et les violations des droits humains subies par les militants des droits de l’homme et les acteurs abolitionnistes issus de la communauté Haratine, historiquement victimes d’esclavage et de marginalisation. Elle y avait également dénoncé le traitement dégradant et les conditions de détention des femmes détenues issues de la communauté Haratine, citant notamment le cas de la journaliste abolitionniste Warda Ahmed Souleymane, enceinte, malade et incarcérée sous un très sévère régime carcéral. Les cas des deux lanceuses d’alerte, Lalla Vatma et Rachida Saleck, la première malade de rhumatisme et hypertension et toutes les deux sévèrement incarcérées et diabolisées par une campagne de presse officielle pour avoir alerté les défenseurs sur le calvaire d’une fillette noire (haratine), âgée de 11 années, détenue et exploitée comme esclave par une famille arabe.
IRA Mauritanie rappelle que Mariem mint Cheikh bénéficie de l’immunité parlementaire, garantie par les principes constitutionnels régissant la fonction de député, ce qui rend tout acte de privation de liberté à son encontre, en dehors de toute procédure régulière et transparente, particulièrement grave et attentatoire à l’État de droit.
IRA Mauritanie dénonce une traque systématique des militantes et militants anti-esclavagistes, des lanceuses et lanceurs d’alerte, ainsi que des représentants des populations affectées par l’héritage de l’esclavage.
IRA informe l’opinion nationale et internationale que la ségrégation raciale, sociale et linguistique, est une donne fondamentale et désormais décomplexée en Mauritanie ; nous avons recensé un grand nombre de cas impliquant des femmes appartenant aux groupes dominants, reconnues coupables de crimes liés à l’esclavage ou à l’exploitation de mineures et condamnées à des peines de prison ferme, sans qu’elles soient pour autant incarcérées; les juges tribaux, suprématistes et négrophobes, refusent d’appliquer les peines prévues pour l’esclavage sur les femmes et les hommes de la communauté arabo-Sanhaja. Mais paradoxalement ils envoient les militantes et militants anti-esclavagistes en prison, avec une facilité et un bâclage déconcertant, tout en durcissant leur régime carcéral.
Face à cette situation extrêmement grave, IRA Mauritanie :
* exige la révélation immédiate du lieu de détention de la députée Mariem mint Cheikh et de son bébé de trois mois ;
* exige leur libération immédiate et sans condition, conformément à la légalité et au respect de l’immunité parlementaire ;
* appelle à l’ouverture d’une enquête indépendante, crédible et transparente sur les circonstances de cet enlèvement ;
* saisit l’opinion publique nationale et internationale sur la gravité de ces pratiques discriminatoires et ségrégationnistes qui frappent la majorité des citoyens mauritaniens victimes de mépris, d’exclusion et d’esclavage.
IRA Mauritanie tient les autorités compétentes pleinement responsables de l’intégrité physique et morale de la députée Mariem mint Cheikh et de son nourrisson.
Nouakchott, le 10 avril 2026
IRA Mauritanie

