Mauritanie : Esclavage d’une fillette/Annulation des poursuites et persécution des lanceurs d’alerte
Mauritanie : Esclavage d’une fillette/Annulation des poursuites et persécution des lanceurs d’alerte
Note d’information
1. Le vendredi 30 janvier 2026, Madame Rachida mint Essalek, assiste au calvaire d’une fillette âgée de 11 ans, vêtue de haillons, pieds nus, en train d’accomplir des travaux domestiques, chez une famille arabo-berbère, à Toujounine commune de la capitale Nouakchott. Grâce à la vigilance de la susdite, en face de la pénibilité des tâches imposées à la mineure Nouhe mint Mohamed, les militants de l’association Initiative de du mouvement Abolitionniste (IRA) ont pu constater et documenter une situation de flagrance. L’enfant n’était pas scolarisée et les images recueillies prouvaient, notamment, qu’elle transportait de lourds bidons d’eau et exécutait des travaux quotidiens, relevant de l’exploitation. Aussi, en conformité à la loi 031-2015 criminalisant l’esclavage et ses pratiques, les autorités compétentes ont été saisies d’où le début d’un semblant d’enquête. Cependant, Rachida mint Essalek, au lieu de recevoir la médaille de la citoyenneté se retrouva, aussitôt, entre les griffes des chiens de garde de la domination.
2. À partir du 5 février, le gouvernement commence à libérer les présumés contrevenants, d’abord l’époux puis sa conjointe, d’ailleurs à l’origine du litige. Devant la promptitude du mouvement d’indignation pacifique des membres et sympathisants de l’IRA, fruit de la veille sociale, le ministère de l’Intérieur s’empresse, en vertu d’un réflexe constant, de recourir à la coercition. Les unités anti-émeutes chargent les manifestants non-violents et désarmés, à proximité d’un commissariat de police. Des blessés, dont quatre graves, furent admis en soins intensifs. Certains ont perdu connaissance et présentent, encore, des ecchymoses et contusions aux organes sensibles, en particulier la tête.
3. Le 10 février 2026, une seconde vague d’interpellations vise, des activistes de notoriété sur les réseaux sociaux. La défenseuse et journaliste Warda Ahmed Souleymane, bloggeuse engagée en promotion des droits de la personne, inaugure la liste. Trois jours après, la rejoindra, au cachot, Lemrabot Mahmoud, chef du bureau de l’IRA à Nouadhibou. Il lui est tenu grief d’avoir dénoncé les louvoiements du pouvoir et ses tentatives d’occulter la qualification de crime contre l’humanité. Comme de bien entendu, de telles mesures ont été prises avant la moindre décision du ministère public. Il s’agissait, selon une jurisprudence bien établie en République islamique de Mauritanie, d’intimider les acteurs de la société civile, pour freiner la judiciarisation des faits.
4. Le 16 février 2026, la juridiction en charge de réprimer l’esclavage, la traite des personnes et le trafic de migrants annonce le classement de la plainte, sans suite, au motif que les éléments constitutifs de l’infraction ne sont pas réunis. La machine habituelle de la fraude et du déni se met alors en branle, selon le procédé de substitution graduelle qui consiste à créer une série de diversions ultérieures, afin de faire oublier le contentieux de départ. Le même jour, un communiqué de presse du Parquet précité accuse, les lanceurs d’alerte, de mensonge, de faux et d’usage de faux. Immédiatement, ils endurent la privation de liberté. Dans la foulée, d’autres responsables de l’IRA ne tardent à les suivre en détention. Le nombre exact des victimes, parmi lesquelles de nouveaux blessés en cours de traitement à l’hôpital, reste à vérifier. Sont d’ores-et-déjà identifiés, au titre confondu des arrestations et brutalités physiques :
– El Haj El Id, coordinateur général
– Bounas Ahmed, coordinateur de Nouakchott Sud
– Mohamed Fadel Aliyat, président du bureau de Koumbi Saleh
– Lemine Djiby, responsable de la commission des droits de l’homme, à Nouadhibou
– Lala Fatma, militante
– Rachida mint Saleck, militante
– Adama Ousmane Dramane, militante
– Brahim Moussa, militant
– Bomba Yarba, militant
L’IRA rappelle, le sommet de l’Etat mauritanien, au double devoir de la retenue et du respect des engagements internationaux du pays. De surcroît, la justice docile et les polices assidument abonnées aux bavures qui tuent, doivent se souvenir des précédents historiques où la soif d’émancipation l’emporte, toujours, sur la reproduction des privilèges de classe et de naissance. La bataille du conservatisme en panique est perdue d’avance et, jamais, l’impunité n’engendre un acquis durable.
Nouakchott, le 16 février 2026
Initiative de Résurgence Abolitionniste (IRA) : ira.mauritanie2021@gmail.com
Lanceurs d’Alerte Associés (LAA) : lanceurs@proton.me
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