Mauritanie : Inculpation des lanceurs d’alerte contre l’esclavage

مبادرة إنبعـــاث الحــــركة الانعتـــــــاقية

INITIATIVE DE RESURGENCE DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE EN MAURITANIE
IRA RÉCÉPISSÉ N° FA 010000102912202100001

Communiqué de presse

« Article 22 de la Loi n°2025-021/P.R/ relative à la lutte contre la corruption : Les dénonciateurs, les témoins, les experts, les victimes, et leurs proches seront dotés d’une protection spéciale assurée par l’Etat. Est punie d’un emprisonnement d’un (01) à cinq (05) ans et d’une amende de quarante mille (40.000) à deux cent mille (200.000) Ouguiyas, toute personne qui recourt à la vengeance, l’intimidation ou la menace, sous quelque forme que ce soit et de quelque manière que ce soit, contre les témoins, experts, victimes, dénonciateurs, ou les membres de leur famille ou l’ensemble des personnes qui leur sont proches. Un décret pris en Conseil des Ministres organisera les procédures de protection spéciale des personnes citées dans le paragraphe précédent »
1. Nous relevons la comparution des membres dirigeant de l’IRA :
– Abdallahi Abou Diop, chargé de la protection des droits humains
– Elhaj Elid, conseiller municipal de la commune de Riyad, coordinateur national des sections
– Bounass Hmeida qualité, coordonnateur national adjoint
– Med Vadel Aleyatt : chef de section de la commune de Koumbi Saleh, région Hodh Echarghi
– Lalla Vatma, lanceuse d’alerte
– Rachida Saleck, lanceuse d’alerte
Les précités activistes de la citoyenneté vigilante ont été déposés en prison, le 23 février 2026. S’ensuivra, à part, l’émission d’un mandat d’arrêt, à l’intention du militant d’IRA Mohamed Laghdaf Néma, conseiller régional de la région du Hodh Elgharbi
L’affaire est née d’une plainte de l’IRA, auprès de l’instance chargée des juger les cas d’esclavage, de traite des personnes et de trafic des migrants.
Après avoir classé la requête, le parquet a immédiatement requis et exécuté l’arrestation des dénonciateurs, désormais poursuivis aux griefs d’usage de faux et de diffamation. Lors d’une dernière comparution devant la même instance, le procureur s’était pourtant résolu à ajourner l’audition des susdits. Il semblait attentif à l’argumentaire solide du Collectif des conseils : A l’unanimité, ils lui dénièrent la possibilité d’incriminer la partie civile, à la lumière d’une simple ordonnance de sa part, d’ailleurs passible d’appel.
Le 23 février, la magistrature change d’avis et requalifie, l’infraction alléguée, en crime d’association de malfaiteurs, d’où la fronde et l’indignation des avocats. Ils récusent le nomadisme territorial que le ministère public applique au litige : déclenché devant la juridiction de répression de l’esclavage, le voici transporté, quelques jours après, au tribunal de Nouakchott Nord. Le parquet et le juge d’instruction de la dernière destination s’entêtent et refusent de se dessaisir.
In fine, confondu par les défenseurs qui protègent le bon droit des prévenus, le ministère public se met à tricher. Il s’échine à morceler le contentieux, sous une multitude de motifs, avant de le disperser entre autant de services, aux compétences distinctes.
2. Nous notons, également, que les interpellations se poursuivaient, le même jour, dans différentes localités du territoire. Parmi les victimes, figurent les élus Sidi Mohamed Ould Blal, chef de la section IRA dans la commune de Tenaha, région de Assaba) Ainsi que le chef de la section de IRA dans capitale économique mauritanienne Nouadhibou, Lemrabet Mahmoud(74ans), arrêté et emprisonné depuis trois semaines et la blogueuse, membre de la commission de communication de IRA, Warda Souleymane, déposée dans la prison des femmes à Nouakchott depuis la même période.
Le pouvoir négationniste se complait violer, dans les largeurs, les engagements de la Mauritanie en matière de respect du droit à la défense, de libertés publiques, d’indépendance de la justice et de garanties de sureté pour les lanceurs d’alerte. De manière spécifique, les auteurs de signalements de faits d’esclavage, d’exploitation de mineurs et de traite des personnes s’exposent à la persécution, y compris devant les juridictions du système. Au début de leur détention, les prisonniers ont subi de graves sévices. La plupart souffrent, encore, de blessures non ou mal soignées. Pourtant, depuis 2016, le pays dispose d’un Mécanisme National de Prévention de la torture (MNP).
L’inconduite des autorités de l’Exécutif et la faillite morale des édiles du prétoire participent d’une identique défiance à l’endroit de l’égalité face à la loi. Il s’agit, pour les gardiens de l’ordre ancien :
• D’intimider et de réduire au silence ;
• De décourager l’exigence de transparence ;
• D’encourager la récidive de la servitude de naissance
• D’enraciner le lourd héritage de l’impunité
En attendant la libération inconditionnelle des camarades séquestrés, nous demandons, au gouvernement, de s’abstenir de toute manœuvre susceptible d’esquiver ou d’enterrer le dossier de l’enfant Nouhe mint Mohamed, âgée de 11 ans. Sa mère et ses quatre petites sœurs sont retenues, dans les cachots de la police, voilà plus de deux semaines. La manœuvre vise à escamoter leurs témoignages sur les conditions serviles qu’elles endurent dès la naissance.
Nous exigeons, de la Mauritanie qu’elle :
• Adhère sans nulle réserve, au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) de 1966) et à ses protocoles additionnels ;
• Veille à l’application de la Loi n°2025-021/P.R/ relative à la lutte contre la corruption, notamment en son article 22 ; et libère de prison sans condition le lanceur d’alerte anti-corruption Mohamed Ould Ghadda
• Intègre, aux critères de recrutement du personnel de l’Etat, la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUC), de 2003 ;
• Elargisse la protection, aux auteurs de signalements, à l’épreuve des situations de racisme, de sujétion sous contrainte, de pédophilie et d’exploitation de mineurs, en particulier quand elles relèvent de la circonstance aggravante de crime contre l’humanité.

Nouakchott, 23/02/2026
Commission de la communication

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