Ce que je pense de ce qui se passe : Le 28 novembre…la date

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Tawary – En 1990, lorsque des soldats mauritaniens étaient pendus à Inal par le régime d’Ould Taya, Me Mokhtar Oud Daddah était encore en vie. Le père de la Nation fut renversé en 1978 par des militaires réfractaires et récalcitrants face à une guerre que le pays menait depuis trois ans contre le Polisario.

En 1990, Ould Daddah se trouvait en exil en France, après sa sortie de prison six ans plus tôt. Le 28 novembre de cette année-là, des responsables de l’armée mauritanienne faisaient pendre à Inal leurs frères d’armes pour commémorer à leur façon l’accession du pays à la souveraineté nationale.

Comment Ould Daddah a-t-il dû vivre cette souillure à la commémoration de l’acte fondateur de la République Islamique de Mauritanie dont il fut le fondateur par excellence ? Je ne saurais répondre.

Les auteurs de l’acte barbare qui a poussé les dirigeants de la Mauritanie a procéder à la froide exécution de 28 soldats négro africains pour célébrer les 30 ans d’indépendance du pays, sont pour la plupart d’entre eux en vie et se promènent librement sous le regard impuissant des rescapés parmi leurs victimes…

Mieux, ces bourreaux jouissent d’une loi d’amnistie votée en 1993 par un parlement télécommandé du système Ould Taya et d’un « pardon par procuration » décidé par Ould Abdel Aziz en 2009 à la faveur d’une prière pour l’absent à Kaédi.

Comment donc considérer comme tournée, à défaut d’être déchirée, une page honteuse de la Mauritanie qui fête 54 ans d’Indépendance et est aujourd’hui dirigée par un homme qui vient de se faire élire avec 82% de voix des 54% de ses concitoyens qui avaient consenti en juin dernier à se rendre aux urnes dans le cadre d’un scrutin présidentiel boycotté par l’opposition classique?

Difficile de tourner une page aussi gênante que celle qui a entaché l’histoire de la Mauritanie.

Difficile surtout d’oublier lorsque ceux qui dirigent le pays refusent de s’acquitter d’un devoir de mémoire qui consacrera forcément un souvenir douloureux mais apaisant.

Inal par excellence compte parmi les scènes macabres où s’est jouée une « barbarie de l’homme » évoquée par Mohamed Ould Abdel Aziz en 2009 à la faveur de « la prière de Kaédi ». Inal est devenu un des symboles de revendication de justice depuis que Birame Ould Dah Abeid, militant de droits de l’homme, y a audacieusement effectué un pèlerinage le 28 novembre 2011 pour commémorer les 28 martyrs du 28 novembre 1990.

Inal fait peut-être peur aujourd’hui. Et c’est curieux que Birame et ses compagnons soient derrière les verrous deux semaines avant le 28 novembre…date à laquelle, un autre pèlerinage à Inal aurait sûrement pu marquer l’histoire.

Kissima

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